F420: choisissez la thèse 1:

Un processus de démocratisation est engagé au Proche-Orient

ou la thèse 2:

Un processus de démocratisation n’est pas engagé au Proche-Orient

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Une aspiration au changement s'exprime dans le monde arabe

LE MONDE | 08.03.05

 

Elections en Irak et en Palestine, "révolution" au Liban : la vie politique évolue au Proche-Orient.

 

Un processus sinon de démocratisation, du moins de décrispation, est engagé. Il avait débuté dans les petits Etats de la région après la guerre du Golfe, en 1991.

 

Fin janvier 2005, les Irakiens ont bravé la menace terroriste et les risques d'attentat et se sont massivement rendus aux urnes pour élire la première Assemblée nationale - intérimaire - de l'après-dictature. Début février, l'Arabie saoudite a vécu sa première expérience électorale, en organisant un scrutin municipal partiel. Depuis la mi-février, les Libanais, bousculant la chape de plomb syrienne, s'obstinent à réclamer leur "indépendance" et leur "souveraineté". Et, au risque de se dédire, le président égyptien, Hosni Moubarak, a concédé, fin février, un amendement constitutionnel organisant l'élection présidentielle au suffrage universel.

 

Des choses bougent dans le monde arabe, mais en déduire qu'un vent de liberté souffle sur cette région serait aller un peu vite en besogne. Ces frémissements - réels - sont d'autant plus remarquables qu'ils sont concentrés dans le temps et qu'ils concernent - hormis le Liban - des pays-clés. Mais ils ne sont pas les premiers du genre. Ces changements s'apparentent plus à une modernisation des systèmes politiques qu'à un partage réel du pouvoir. Ils n'occultent pas les obstacles sur lesquels continue de buter une véritable libéralisation de la vie politique. Les pays concernés, en dépit d'une communauté de langue, d'une très large homogénéité confessionnelle et de causes communes, ont vécu des évolutions historiques différentes qui pèseront sur le rythme et le type des réformes à venir. Enfin, la quasi-totalité des pays arabes, y compris ceux qui ont engagé des réformes, sont gouvernés par des pouvoirs néo-patriarcaux.

 

Le Koweït. Chronologiquement, la guerre de libération du Koweït, en 1991, a marqué un tournant. Après cinq années de suspension de la vie parlementaire, des élections législatives ont eu lieu, en 1992, ouvrant grand la porte à l'opposition, tant libérale qu'islamiste, et à l'entrée de six de ses représentants au sein du premier gouvernement post-électoral.

 

L'Arabie saoudite. En 1993, l'Arabie saoudite a adopté une Loi fondamentale, tenant lieu de Constitution, qui modernisait l'ordre de succession ; le roi Fahd a mis sur pied un Conseil consultatif dont les 60 membres, incluant un représentant de la minorité chiite, étaient nommés par le roi. Les "conseils" américains n'ont pas été étrangers à ces changements, mais ils se sont conjugués à une pression intérieure de forces centripètes, les islamistes exigeant plus de rigueur, les libéraux davantage d'ouverture, alors que les difficultés financières et l'explosion démographique imposaient des changements.

 

Le Qatar, Oman et Bahreïn. En 1995, au Qatar, le cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a déposé l'émir, son père, et doté le pays d'une nouvelle Constitution et d'un conseil municipal élu, les femmes bénéficiant des mêmes droits que les hommes. Six femmes se sont présentées aux élections municipales de 1999, mais aucune n'a été élue. L'émir a libéralisé la loi sur la presse et créé la chaîne satellitaire Al-Jazira, pionnière en matière de liberté d'information dans le monde arabe.

 

Le sultan d'Oman, qui avait sorti son pays, vingt-cinq ans plus tôt, du moyen age, a, en 1994, nommé deux femmes au sein d'un Conseil consultatif sur la base de "primaires" régionales inédites dans la région. En 2002, le nouvel émir de Bahreïn, Cheikh Hamad Ben Issa Al-Khalifa, a transformé le pays en monarchie constitutionnelle, mis fin aux lois d'exception et procédé à des élections municipales et législatives. Au Qatar, comme à Bahreïn et à Oman, l'émir ou le roi demeurent la clé de voûte toute-puissante et sans partage du pouvoir.

 

"Pour de multiples raisons, les "grands" -pays- se sont mis à craindre que l'ouverture démocratique -des petits pays- ne finisse par prendre racine et par constituer une expérience-étalon pour les autres pays", écrivait, au milieu des années 1990, l'universitaire Ghassan Salamé, dans Démocraties sans démocrates. D'où les critiques saoudiennes, au début de la décennie, contre le Koweït et Bahreïn. Mais avec la fin de la guerre froide les prétendues missions régionales que s'arrogeaient les "grands"se sont dissolues, ajoutait-il, en soulignant que "la démocratisation pourrait apparaître comme un adjuvant utile, sinon comme un mécanisme indispensable pour assurer la coexistence pacifique" dans la région.

 

Le choc du 11-Septembre. Dix ans après la libération du Koweït, les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué un nouveau tournant, en particulier pour l'Arabie saoudite, placée devant l'évidence d'un ancrage extrémiste religieux au sein de sa société, qui constitue une menace pour le pouvoir. Cette réalité a dicté une politique relative d'ouverture interne, avec l'organisation de plusieurs sessions de "dialogue national", la libération relative de la parole et l'organisation d'élections municipales partielles dont il est difficile de dire si elles sont annonciatrices de plus grandes ouvertures.

 

L'Egypte. Depuis des années, l'opposition égyptienne réclame des réformes constitutionnelles limitant la durée du mandat présidentiel et ouvrant le scrutin au suffrage universel. Au pouvoir depuis vingt-trois ans, le président Moubarak a annoncé, fin février, l'ouverture de l'élection présidentielle à la multiplicité des candidatures et son organisation au suffrage universel direct. Compte tenu du corsetage de la vie politique égyptienne, aucun candidat ne saurait lui faire contrepoids à la prochaine élection. La décision de M. Moubarak, qui doit faire l'objet d'un amendement constitutionnel, pose un jalon pour l'avenir, même si le chef de l'Etat égyptien continue de refuser la limitation du mandat présidentiel.

 

Le Liban. Le cas du Liban est totalement différent. Jusqu'à la guerre civile, le pays du Cèdre était un pays sinon démocratique, du moins fondé sur un partage intercommunautaire du pouvoir, autorisant les libertés publiques. La fronde actuelle contre la mainmise syrienne ne garantit pas l'instauration d'une véritable démocratie, aussi longtemps que prévaudra un confessionnalisme politique qui institutionnalise la répartition des responsabilités selon des quotas jusqu'aux plus petits échelons de l'administration.

 

Mouna Naïm

Damas annonce un "repli", pas un retrait

Les présidents syrien et libanais, Bachar Al-Assad et Emile Lahoud, ont décidé, lundi 7 mars à Damas, d'"un repli des forces syriennes jusqu'à la Bekaa -est du Liban- avant la fin mars", mais n'ont fixé aucune date pour un retrait de l'armée du pays du Cèdre. La Syrie se réserve donc encore une marge de manœuvre, alors que l'ONU, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'opposition libanaise demandent un retrait dans les meilleurs délais de la totalité des troupes syriennes du Liban. Les présidents américain et fran-çais, George Bush et Jacques Chirac, qui se sont entretenus au téléphone, lundi soir, ont réaffirmé "leur détermination à obtenir l'application pleine et entière de la résolution 1559" de l'ONU. Durant le sommet à Damas, de 150 000 à 250 000 Libanais ont manifesté, à Beyrouth, pour réclamer la vérité sur l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri. - (AFP.)

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.03.05

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